La crise des banlieues (Sociologie des quartiers sensibles), Jean-Marc Stébé
- Origines et évolution de la banlieue plurielle
- De la 'ban-lieue'médiévale au romantisme des banlieues
- De la banlieue-jardin à la banlieue pavillonnaire
- De la ceinture noire à la banlieue rouge
- Des cités ouvrières aux grands ensembles HLM
- Du lotissement périurbain à la ville nouvelle
- Le 'malaise des banlieues'
- Les sources du malaise
- La spirale de l'exclusion et de la précarisation
- Les jeunes et l'exclusion
- L'image stigmatisée des 'banlieues'
- Le mythe des 'banlieues-ghettos'
- Le ghetto, l'expression spatiale des ségrégations
- L'histoire mal connue du ghetto
- Les processus américains de ghettoïsation
- Une comparaison excessive
- Une culture de banlieue
- Le hip-hop, une culture des rues
- Les modes d'expression artistique du hip-hop
- Les signes d'appartenance à la culture des rues
- Existe-t-il une culture de banlieue ?
Depuis une quinzaine d’années, le discours sur la ville se focalise sur le problème des « banlieues ». Dans La crise des banlieues, Jean-Marc stébé se propose de montrer qu’il n’existe pas une banlieue unique, mais plutôt des territoires périurbains qui agglomèrent une grande diversité de lieux, d’activités et de populations. Il analyse les processus de ségrégation sociale et spatiale, ainsi que la spirale d’exclusion caractéristique des banlieues « sensibles », mais qui n’en font pas pour autant l’équivalent des ghettos noirs américains. Les banlieues, ces territoires à la lisière des villes, serviraient de réceptacles à tous les maux dont souffre notre société : lieux symboliques de la crise sociale, ils incarneraient la souffrance et la misère,l’exclusion et la marginalité, la violence et le risque de ghetto, l’échec urbanistique et la médiocrité architecturale. Tout se passe comme si la question urbaine, posée par l’existence de ces quartiers « difficiles », était actuellement l’équivalent de ce que l’on appelait au XIXe siècle la question sociale. Les banlieues se prêtent aux simplifications abusives et aux généralisations faciles, et alimentent la polémique : on projette sur elles toutes les « fautes » de la société et toutes les craintes associées aux populations mal connues. Les banlieues sont mises au ban de la ville, et deviennent alors des espaces relégués dans lesquels le lien social se délite. On peut donc dire que les banlieues, en tant qu’elles posent un problème social, sont une construction mentale autant qu’une situation urbaine concrète. Amalgame de cités d’habitat social construites dans les années 1950-1960 et de lotissements pavillonnaires édifiés au cours des décennies suivantes, d’espaces industriels et de zones commerciales, de vieilles localités résidentielles et de villes nouvelles, la banlieue investit la ville de toute part. Avec ses multiples éléments disjoints et disparates, elle apparaît difficile à appréhender, tant spatialement que quantitativement. Au niveau national, la population des banlieues ne cesse d’augmenter depuis les années 1960.
[...] Située entre les banlieues encore peu urbanisées et la capitale, cette zone (couronne militaire jouxtant les fortifications jusqu’en 1919) abrite les populations ouvrières les plus défavorisées. Le mythe des bandes d’apaches apparaît, assignant à la zone et aux faubourgs extérieurs une réputation de coupe-gorge Tard dans l’entre-deux-guerres, une frange importante de l’opinion continuera d’identifier la banlieue à la zone, espace du travail précaire, de l’habitat temporaire et d’une marginalité misérabiliste En 1928, la loi Loucheur permet de relancer le projet d’aménagement, bloqué depuis 1919, qui sera mené à son terme en raison de la pénurie importante de logements, et malgré l’opposition des milliers de zoniers résidant sur le glacis des fortifications logements de type HBM seront construits sur ce territoire avant le second conflit mondial, formant ce qu’on appelle la ceinture rose Le processus 2 d’urbanisation redémarre juste après la guerre, avec l’édification de logements, d’écoles et la construction du périphérique. [...]
[...] Les ghettos se sont donc constitués à partir d’une exclusion raciale. Les ghettos sont situés au cœur des villes, ou inner-cities. A partir de 1920, les banlieues résidentielles utilisent en effet le procédé du zonage qui aboutit à une exclusion raciale. Avec une ségrégation raciale associée à une ségrégation sociale, le ghetto est devenu progressivement l’aire géographique de l’exclusion, et a pris la forme d’une structure urbaine cumulant les quatre composantes du racisme répertoriées par Michel Wieviorka : préjugé, violence, ségrégation et discrimination. [...]
[...] Cette dernière apparaît comme une stratégie d’intégration illégale, tout simplement parce que les chemins de l’intégration légale sont obstrués. La désorganisation sociale avec ses conduites anomiques, et l’exclusion, avec l’échec et la frustration, ne suffisent pas à cerner la galère qui est également commandée par la rage Il s’agit d’une sorte de disposition personnelle habitant les jeunes et pouvant exploser violemment à l’encontre des personnes et/ou des biens matériels sous les prétextes les plus divers. Cette expression de violence pure n’a pas d’adversaire social, elle se cristallise sur les représentants de l’ordre et de l’autorité. [...]
[...] Au début de l’ère industrielle, la plupart des fabriques s’installeront dans les villes, afin de limiter les distances à parcourir et les pertes de temps qui en résulteraient. L’état d’insalubrité des logements, le niveau des loyers relativement élevé et le rétrécissement des possibilités d’habitats à l’intérieur des villes pour les petits salariés conduisent ces derniers à émigrer progressivement vers la banlieue où l’offre de logements commence à augmenter dans la seconde moitié du XIXe siècle. Cet exode des quartiers urbains vers les communes suburbaines s’accentue lors du déplacement des manufactures. L’industrialisation a servi de catalyseur à l’expansion de la banlieue, que l’on nommera justement banlieue industrielle. [...]
[...] La ségrégation ne semble pas prête à disparaître, étant donné que le pourcentage de Noirs vivant dans des zones à plus de monoraciales continue de progresser dans certaines métropoles. Plus que le facteur de précarité, ce sont plutôt le racisme et les stéréotypes sociaux qui concourent à la formation des ghettos. On peut d’ailleurs assez précisément délimiter les frontières des zones ghettoïsées dans les villes américaines. Alors que l’on pouvait différencier les catégories sociales qui se côtoyaient dans les ghettos d’il y a vingt ou trente ans, il est extrêmement difficile d’y parvenir aujourd’hui, tant la ségrégation des Noirs est devenue radicale et massive. [...]
Quel avenir pour la banlieue?
«Quel état des lieux ?. Le processus de paupérisation des lieux. La spirale de précarisation de la population. La spirale de précarisation de la population. Le phénomène de la violence. L'image stigmatisée des banlieues. Le mythe des cités-ghettos. Quelles solutions apporter ?. Des solutions...»
«Le problème des banlieues préoccupe de plus en plus l'opinion publique, qui développe un sentiment d'insécurité, et de ce fait les pouvoirs publics qui tentent de trouver des solutions efficaces. Aujourd'hui, il semble clair que la banlieue en France est dans une situation alarmante (I), qui peut...»
Sociologie des quartiers sensibles, Avenel C., Armand Colin, Paris, 2004
«Comment analyser le problème des banlieues ?. Des quartiers difficiles à définir. Peut-on parler de ghetto. Role des medias. L'affiliation au quartier. Les violences urbaines. Politiques locales.»
«La question des banlieues est constituée depuis 25 ans comme un problème social, parce que les quartiers réputés sensibles sont définis comme étant le réceptacle de la plupart des maux de la société française. La société française a ainsi fabriqué une catégorie générique des problèmes sociaux,...»
La dynamique de groupe - concepts et exemple
«Les concepts de la dynamique de groupe. Définition de la notion de ''groupe''. Définition de la ''dynamique de groupe''. Le schéma fonctionnel du groupe. Comprendre les affinités. Le leadership. Le développement du groupe. La dynamique de groupe et le...»
«Le mot « groupe » serait un mot étymologiquement très récent : il est apparu en Italie dans le monde des Beaux-arts au XVIIe siècle sous la forme gruppo. Il avait alors pour signification un exercice de sculpture au cours duquel il fallait réaliser des personnages unis par un socle commun. Cette...»
La précarité
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