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Informations sur l'auteur

Psychologue clinicienne
Niveau
Grand public
Etude suivie
psychologie
Ecole, université
Université...

Informations sur le doc

Date de publication
30/07/2009
Langue
français
Format
Word
Type
mémoire
Nombre de pages
55 pages
Niveau
grand public
Téléchargé
29 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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Du désir du clinicien au lieu du sujet dans l’institution sociale

  1. L'institution
    1. La Draille, une structure d'hébergement d'urgence mère-enfants
    2. Le cadre dans l'institution
    3. L'équipe pluridisciplinaire
    4. Le psychologue dans l'institution
  2. D'une clinique de l'urgence sociale
    1. La rencontre
    2. La demande du sujet
    3. Lieu du sujet dans l'urgence sociale
  3. Clinique du Réel et mouvements transférentiels
    1. D'une violence qui fait retour
    2. Une douleur qui ne peut pas se dire
    3. Colère, agressivité et méfiance
  4. D'un ailleurs de la position féminine
    1. Quelques remarques au préalable
    2. Devenir mère
    3. De l'indicible du féminin à la jouissance féminine

Dans une structure d’hébergement d’urgence, le temps (chronologique), souvent relatif à l’état de crise du sujet, nous rappelle sans cesse que la rencontre porte toujours en elle un caractère unique. Il m’a semblé que l’enjeu pouvait être alors de proposer un temps dans le temps, c'est-à-dire un temps pour penser et pour continuer à exister au sein même de l’urgence sociale. Si l’institution a pour mission d’agir vite, le sujet, lui, n’a pas toujours la possibilité de penser l’acte sur le même registre temporel. En effet, comment penser par exemple ce qui se passe psychiquement pour une femme qui vient de fuir son domicile avec ses enfants, après dix années de violences conjugales ? Que vient nous dire le sujet à travers sa demande manifeste d’hébergement ?
La rencontre unique et le temps de l’urgence sociale ne peuvent se penser par le psychologue qu’en remettant toujours en question son propre rapport à la jouissance et au manque, car c’est bien de cela qu’il s’agit : être dans la relation, sans pour autant être ce qui manquerait à l’autre au risque d’être dans la jouissance absolue, lieu de l’impossible. Pour permettre l’émergence du sujet désirant à travers la parole, la perte se doit d’être reconnue comme inhérente et nécessaire au sujet pour mettre à l’écart la jouissance interdite, jouissance de l’Autre : deux êtres manquants ne peuvent se compléter, et c’est sur ce principe que repose le langage.

La psychanalyse et le travail social sont certes deux champs de pratiques différents, mais tous deux ont en commun d’être avec le sujet qui, s’il est divisé, est bien un être parlant. Si l’institution sociale tente de répondre à la demande du sujet à travers, pour ce qui nous concerne ici, l’hébergement, quelle est la place du psychologue ?
A cela, je tenterai de répondre en partant de ma clinique, pour aboutir à quelques réflexions dont j’ai pu faire part dans cette introduction et qui sont venues résonner dans ma pratique.

Après avoir présenté la structure dans laquelle j’ai pu effectuer mon stage cette année, j’essaierai donc dans un premier temps d’amener le lecteur dans la mise en place de mon travail clinique et de ses aléas, en m’appuyant sur la notion d’ « urgence sociale » qui caractérise cette institution. Ensuite, il s’agira pour moi de réfléchir sur ce qui peut émerger d’une rencontre clinique d’un point de vue transférentiel, lorsque le sujet est aux prises avec le Réel. Nous verrons alors comment, dans cette clinique particulière, l’engagement du clinicien dans la relation se doit d’être toujours réinterrogé afin de pouvoir continuer à penser l’autre dans ce qui, parfois, ne peut pas se dire par ce dernier. Enfin, parce que ma clinique m’a amenée à rencontrer des « mères » nommées ainsi du fait de la mission institutionnelle, je m’interrogerai sur ce qu’il en est de la femme et du féminin du point de vue psychanalytique, en m’appuyant sur deux vignettes cliniques et sur des concepts théoriques.

[...] Il me semble aussi important de soulever la question du placement de son fils (dont elle dit qu’il lui ressemble physiquement) auquel elle s’oppose, alors qu’elle l’a souhaité pour sa fille : rien que de la voir, elle ressemble trop à son père (donc au compagnon de Laurence ? . cela lui est difficilement supportable. Bien entendu, il ne s’agit pas ici de discuter sa décision, mais plus de réfléchir sur ce que cela peut venir signifier pour Laurence, notamment en s’interrogeant sur la problématique qui peut émerger autour de la sexuation. En effet, au-delà de la ressemblance physique qui a son importance, qu’est-ce qui fait que le placement de sa fille lui est plus acceptable que celui de son fils ? [...]


[...] Ainsi, à l’arrivée de chaque famille, ce premier cadre est présenté par l’équipe oralement et sous la forme d’un contrat d’hébergement (voir Annexe nº1) qu’elles doivent signer, souvent au moment de l’état des lieux de l’appartement. Dans ce contrat figurent toutes les conditions de séjour fixées par La Draille : déroulement et règles à respecter. Par exemple, il y est indiqué que la durée maximum d’hébergement est de 14 nuits, que le retour des familles doit se faire avant 19h, que les visites dans les appartements ne sont pas autorisées, etc. De plus, il m’a semblé que ce moment de l’installation était particulièrement important. [...]


[...] De cette rencontre, il ne s’agira pas d’émettre des hypothèses psychopathologiques concernant le déni de grossesse de Madame H. (les éléments constitutifs de son histoire étant de toute façon assez pauvres), mais plutôt de tenter une approche du féminin à travers le désir, la grossesse et la maternité. Qu’est-ce que le déni de grossesse peut venir bousculer, interroger chez le sujet ? Comment cela s’articule-t-il avec le devenir mère ? Qu’en est-il du désir d’enfant pour une femme ? Madame H. [...]


[...] Je me dis aussi que sortir sans sa veste est un acte à prendre en considération, vu la difficulté qu’elle exprimait auparavant à laisser voir ses blessures. Enfin, je réfléchis sur l’hypothèse d’un placement de Nicolas qui lui a été faite, dans le but de le protéger. En fin d’après-midi, le même jour, je croise Laurence dans un couloir à côté de son appartement. Je lui demande comment elle se sent depuis ce matin. Agacée, elle me demande si nous pouvons nous voir. Je l’accompagne dans son appartement avec Nicolas. Elle semble inquiète et toujours un peu en colère. [...]


[...] Le psychologue dans l’institution Avant de choisir définitivement ce lieu de stage, de nombreux questionnements me sont venus à l’esprit. En effet, l’urgence sociale m’a amenée à me demander quelle pouvait être la place du psychologue dans une institution où les sujets sont accueillis sur le court terme, je fais référence ici à une temporalité au sens du chronos, de la durée, et non à la temporalité psychique (cf. seconde partie). L’éventualité d’une unique rencontre d’un unique entretien trouvait en moi difficilement un sens, remettant en cause la fonction du psychologue. [...]

...

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