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Informations sur l'auteur

Etudiant
Niveau
Avancé
Etude suivie
Autres
Ecole, université
Lycée Henri-IV

Informations sur le doc

Date de publication
14/04/2009
Langue
français
Format
Word
Type
fiche de lecture
Nombre de pages
29 pages
Niveau
avancé
Téléchargé
6 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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La France des « petits-moyens » - Enquête sur la banlieue pavillonnaire, Marie Cartier, Isabelle Coutant, Olivier Masclet, Yasmine Siblot

  1. Un quartier de promotion
    1. Un espace charnière entre précarité et périurbain aisé
    2. Une succession d'opérations immobilières
    3. Les pavillons en bande : des « pionniers » aux « étrangers »
    4. La formation de nouvelles zones de promotion
  2. La Belle époque
    1. Les pionniers des pavillons en bande : une ambiance d'égalité
    2. La belle époque : un quartier animé par d'intenses sociabilités entre familles
    3. Urbanisation, déménagements et vieillissement, le retour des inégalités
  3. Des enfants de cité en quête de respectabilité
    1. Les conditions sociales d'ascensions modestes
    2. En quête de respectabilité et de bien-être pour la famille
    3. L'angoisse de la perte du statut social et l'enjeu de l'école
  4. Jeunes des pavillons
    1. Grandir dans un lotissement pavillonnaire
    2. Les relations ambivalentes avec les jeunes des cités
    3. Rester dans le quartier : le lotissement comme refuge face à des destins sociaux incertains
  5. Ils sont très gentils, mais quand même : face aux nouveaux voisins étrangers
    1. Sauver son honneur
    2. Des échanges et leurs limites
  6. La droitisation des pavillonnaires ?
    1. Un quartier mobilisé et politiquement mêlé
    2. La protestation des petits propriétaires de droite : la présidentielle de 2007
    3. Le travail militant à gauche

A l’occasion des élections de 2007, les médias ont mis en avant le clivage entre les zones pavillonnaires modestes et les HLM. Or ces deux types d’habitat regroupent parfois des groupes sociaux relativement proches.
Qui sont réellement ces pavillonnaires modestes ?

Tout incite alors à voir les pavillonnaires comme membres des classes moyennes. Or, selon Vermeersch, il n’est pas sûr que « parler de classes moyennes aujourd’hui, ce soit parler en termes de classes ». Les raisons du brouillage de classe et de conscience sociale sont multiples: aspiration généralisée à la mobilité sociale, manipulation des catégories politiques dans le but d’euphémiser les appartenances de classe, commodité de la désignation des classes moyennes (peu étudiées dans leur diversité). Les classes moyennes font l’objet d’enquêtes empiriques à partir des années 70. Des travaux reprennent alors la catégorie marxiste de la petite bourgeoisie (ni bourgeois, ni prolétaires). Les travaux des années 80 se penchent quant à eux sur les « nouvelles couches moyennes salariées » en expansion (personnels paramédicaux, techniciens…). La délimitation du groupe reste floue : un grand nombre de simplifications sont faites alors que c’est l’hétérogénéité qui prime à tout point de vue (depuis les conditions de travail jusqu'à celles du logement en passant par les ressources culturelles et financières).

La présente enquête entend alimenter une vue plus rapprochée de la stratification sociale en étudiant de façon plus approfondie une strate (à la différence de fraction, cette notion pose la question des trajectoires suivies dans un espace social en transformation) particulière des classes sociales, située à la frontière des classes populaires et des classes moyennes, celle des « petits-moyens » de la banlieue pavillonnaire parisienne. La plupart de ces « petits-moyens » ne sont pas ouvriers mais employés, techniciens et cadres moyens. Mais en même temps, leurs spécificités en termes de pratiques domestiques et culturelles, ainsi que les échecs et revirements de leurs parcours professionnels empêchent de les rattacher simplement aux classes moyennes.

[...] Annie Fourcaut met en lumière les liens unissant à Bobigny banlieue rouge et accès à la propriété des catégories ouvrières et employées. Elle restitue aussi dans le contexte de l’entre-deux-guerres la vie sociale intense dans les nouveaux quartiers de pavillons où l’individualisme ne régnait pas en maître. Des enquêtes récentes montrent l’engagement à gauche des habitants des lotissements des années 70 et 80. On ne peut pas dire qu’aux Peupliers la gauche est inexistante. On ne doit pas figer le vote des pavillonnaires comme vote de droite. [...]


[...] La grande attention que ces mères portent à la scolarité de leurs enfants en est le corollaire : c’est à travers eux qu’elles poursuivent la promotion de leur ménage et qu’elles jouent une partie de leur honneur social. La modestie de leur trajectoire les prédispose à rejeter les catégories inférieures dont la proximité spatiale avive leur sentiment de fragilité statutaire. Les jeunes des pavillons sont socialisés dans une tension particulière. IV/ Jeunes des pavillons Les trajectoires des jeunes de pavillon sont peu analysées contrairement à celles des jeunes de cité. [...]


[...] Elles ont fait un choix de raison en achetant ce type de pavillons bon marché. Egalité, car tout le monde a contracté un emprunt et doit faire preuve de mesure dans les dépenses. On est dans une époque de bancarisation des classes populaires (Avanza, Laferté, Penissat) : diffusion des pratiques d’usage d’un compte bancaire comme mode principal de gestion des ressources financières. La mesure est liée au souvenir des restrictions associées aux origines populaires. Il n’y a pas de climat de compétition sociale : les dépenses ne sont ni immédiates, ni ostentatoires. [...]


[...] Ce civisme exprime chez ces ménages la volonté d’avoir prise sur leur environnement social et politique, de la même manière qu’ils sont parvenus à avoir prise sur leur trajectoire ascendante. La présence de figures de la vie politique locale dans le quartier renforce la mobilisation des habitants. Un quartier longtemps ni de droite ni de gauche Dans le contexte de la banlieue nord, il est remarquable de rencontrer à Gonesse un électorat ou de centre droit dans les années 50. En 1947, c’est un candidat MRP qui remporte les municipales. Des équipes municipales situées au centre gauche et au centre droit recueillent des scores importants aux Peupliers. [...]


[...] D'autre part, la tenue décontractée des enquêteurs (Tee-shirt, casquette) a pu faire fuir certaines personnes jugeant leur accoutrement peu sérieux. Les interprétations livrées ici ne sont donc que des hypothèses (biais liés aux non-réponses). Les employés du privé au cœur d’un vote plus populaire Les cadres et professions intermédiaires qui ont répondu ont plus voté pour Royal et Bayrou. Il ne faut pas perdre de vue que les catégories supérieures des Peupliers se situent globalement au bas de leur groupe d’appartenance. [...]

...

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