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Informations sur l'auteur

etudiante
Niveau
Grand public
Etude suivie
économie...
Ecole, université
Paris 1 la...

Informations sur le doc

Date de publication
11/02/2008
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
9 pages
Niveau
grand public
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28 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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Les Ghettos du Gotha: Comment la bourgeoisie défend ses espaces, Michel Pinçon et Monique Pinçon Charlot, Seuil, 2007

  1. La métaphore de la toile d'araignée comme fonctionnement de l'oligarchie financière
  2. Les espaces du pouvoir et la recherche de l'entre-soi
  3. Les lieux où s'exerce ce pouvoir et les liens qui permettent de l'acquérir et de le pérenniser
  4. La domination de l'espace
  5. La défense des intérêts mène à un collectivisme pratique

Depuis des années les époux Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot étudient un domaine peu exploré de la sociologie : la haute société. Ces deux chercheurs sont les spécialistes dans ce domaine où ils ont été les pionniers. Ils sont tous deux issu de milieux différents de leur objet d’étude. Michel Pinçon vient d’une famille ouvrière tandis que Monique Pinçon-Charlot trouve ses racines dans la petite bourgeoisie de la Loire.
Dans les années 1970 ils appartiennent au courant de la sociologie urbaine marxiste qui analyse et dénonce les effets ségrégatifs des politiques de planification de l’habitat, qu’il s’agisse de la rénovation urbaine, ou de la production des grands ensembles périphériques, qui éloignent les populations modestes des lieux de la consommation collective.
Ils étaient jusqu’à présent directeurs de recherche au CNRS et travaillaient au laboratoire CSU (Cultures et Sociétés Urbaines) au sein de l’Institut de Recherche sur les Sociétés Contemporaines (IRESCO), la sortie du livre étudié ici coïncidant avec leur départ à la retraite.
Selon eux, songer à une évolution de la société française actuelle qui est profondément inégalitaire est impensable sans comprendre le fonctionnement de ce qui est sans doute la dernière « classe sociale » à part entière : la grande bourgeoisie, c’est-à-dire « l’Aristocratie de l’argent ». En effet on peut lire, dans Sociologie de la Bourgeoisie : « on ne saurait comprendre la société sans en connaître les sommets ».
Les Ghettos du Gotha, publié en 2007, s’inscrit dans un travail de longue haleine puisqu’il fait suite à une douzaine de livres dont : Dans les beaux quartiers publié en 1989, Grandes Fortunes. Dynasties familiales et formes de richesse en France (1996), Sociologie de la bourgeoisie (2000), tous traitant des grandes familles privilégiées de notre société, qui trouvent leur intérêt dans le maintien du « statu quo ».

Leur dernier ouvrage est principalement axé sur la manière dont la bourgeoisie défend ses espaces et ses privilèges. En effet, les bourgeois sont des militants peu communs qui par leur position sociale, leurs relations, leur fortune savent influencer les décisions politiques en leur faveur.
Il est différentes priorités pour eux dont deux qui semblent fondamentales : préserver l’entre soi, et la pérennité du patrimoine, tant économique que culturel et social.
Ainsi, cet ouvrage se propose d’explorer les domaines dans lesquels est utilisé le pouvoir social de cette minorité de familles, d’expliquer de quelle manière il a été obtenu et par quels biais il est transmis entre les générations. Un autre objectif de ce live a été de mettre en évidence des inégalités et des privilèges, souvent mal connus, et d’en souligner les effets sociaux.
Il semble alors évident que Les Ghettos du Gotha présente un intérêt certain pour l’étude de la société de consommation, profondément inégalitaire, et régie par l’argent. Il permet de comprendre ces inégalités criantes et l’impossibilité d’un changement social vers un système équitable. En effet, comment est-il possible d’envisager une réelle méritocratie (prônée par la droite, elle-même soutenue par ces familles), alors que la classe dominante, et souvent dirigeante, œuvre à protéger ses privilèges qui ne sont dus qu’à la naissance ?

[...] C’est le cas des Champs Élysée, désertés par les magasins de luxe pendant des années. Grâce à la lutte de certaines grandes familles parisiennes, l’avenue a été réaménagée et les grands magasins sont peu à peu revenus. Et même si Quick et Mc Donald sont mal vus, Louis Vuitton a récemment repris possession des lieux après des années d’absence ! Dans le Bois de Boulogne, des Cercles possèdent des concessions qui, malgré des renégociations avec la mairie ont été reconduites. [...]


[...] Les plus modestes (340 euros/mois de loyer en moyenne) sont les HLM, PCL, PLAI et PLUS. D’autres sont plus intermédiaires (696 euros/mois en moyenne), il s’agit des PLI, ILN et PLS. À cela viennent s’ajouter depuis février 2007 les logements en accession à la propriété. Il est alors aisé pour les communes récalcitrantes à la mixité sociale de trier les bons et les mauvais pauvres, d’autant plus lorsqu’on sait, que de nos jours, même les classes moyennes peinent à accéder à la propriété. [...]


[...] La société bourgeoise fonctionne en fait grâce à des services rendus, qui n’entrent nullement dans la logique du don et du contre don. Ils sont faits au profit de l’ensemble du groupe, du fait de la convergence des intérêts de cette classe sociale. Néanmoins, cette attitude, naturelle dans ce milieu, est la contrepartie nécessaire à l’appartenance au groupe. Les lieux de pouvoir sont multiples. Ils peuvent être officiels comme les assemblées d’élus, ou bien plus privés et donc fermés à l’image de La Demeure Historique ou SOS Paris. [...]


[...] Ainsi, les résidents, leurs moyens financiers et leurs priorités, sont fondamentaux dans les choix faits pas la commune. À Neuilly, tout pousse la ville à être belle, chic, et tranquille. En effet, des règles d’urbanisme sont imposées pour que le paysage soit le plus harmonieux possible : au niveau du domaine des Orléans, au nord de la commune, les façades des immeubles sont toutes distantes d’au moins soixante-dix mètres ! Les habitants des beaux quartiers sont mobilisés en permanence pour que perdurent les privilèges (Bois de Boulogne) et les espaces qui leur sont chers. [...]


[...] L’immobilier est soumis aux lois du marché et ces endroits qui sont parmi les plus agréables à vivre sont, de fait, les plus onéreux. Néanmoins, la loi SRU (13 décembre 2000) oblige les communes d’une certaine taille à avoir un parc de logements sociaux équivalent, au moins, à 20% de leurs résidences. Cette loi met ainsi en péril une des priorités de la grande bourgeoisie : l’entre-soi. Il est important de souligner que la mixité sociale est impensable dans ce milieu où l’on ne fréquente que des personnes d’un niveau social au moins équivalent au sien, ce qui signifie capital économique, culturel et social. [...]

...

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