Jacques ION, Le travail social à lépreuve du territoire, Toulouse, Edition Privat, 1990
- La mise en 'uvre des nouveaux dispositifs
- Changements et continuité
- Les modèles professionnels confrontés aux dispositifs : une nouvelle intervention ?
- Les nouveaux dispositifs, la société civile et le pouvoir local
- Réflexion sur l'évolution du travail social
- Une analyse du travail social et des dispositifs encore d'actualité
- La disqualification du travail social, centré sur l'insertion économique
Jacques Ion, sociologue, est chargé de recherches au CNRS et travaille au CRESAL, laboratoire commun aux universités de Saint-Étienne et Lyon 2. Il s’intéresse particulièrement à l’analyse concrète des formes de groupements et aux pratiques de l’intervention sociale. Cet ouvrage porte principalement sur cette dernière dimension, bien que des références soient faites à l’analyse des mobilisations.
J. Ion est l’un des premiers sociologues à analyser le changement au sein des politiques sociales. Il note que les dispositifs mis en place dans la décennie 80 (Développement Social des Quartiers (DSQ), Zone d’Education Prioritaire (ZEP), Mission Locale…), outre leur caractère décentralisé et expérimental du début, sont d’abord « territorialisés », c’est-à-dire qu’ils s’appliquent à un territoire censé constituer un espace spécifique cohérent d’intervention pouvant se substituer aux découpages administratifs existants.
Il opère une analyse des conditions de mise en œuvre d’une politique publique dans lesquelles se transforment et deviennent opérantes les normes de l’action publique. Au croisée de la sociologie sur le changement et du travail, il s’intéresse à « la mise en pratique sur le terrain de (…) la gestion territorialisée du social » (p 16), en faisant le choix de ne pas définir a priori les dispositifs d’insertion pour analyser ses modalités. Il se livre ainsi à une « radiographie des évolutions en cours dans les métiers et les institutions du social » (p 18).
A partir d’une méthode empirique (enquêtes menées en 1994), J. Ion cherche à comprendre en quoi la mise en place des nouveaux dispositifs « aboutit à recomposer le paysage institutionnel et professionnel du travail social » (p14).
[...] (p142) Au niveau de la société civile ensuite, l’auteur note le paradoxe suivant : les nouveaux dispositifs appellent à un retour à la société civile or celle-ci se dérobe : la mobilisation de la population disparaît sur les territoires concernés car les couches supérieures et moyennes, initiatrices d’équipements sociaux et culturels, ont peu à peu rejoint les quartiers neufs. D’après J. Ion, les travailleurs sociaux ne peuvent alors plus compter sur la population locale. Ainsi s’opère une perte de sens pour les travailleurs sociaux, c’est la fin de ce que J. Ion nomme le mythe éducatif c’est-à-dire la fin des grands récits mobilisateurs et d’une vision à long terme. [...]
[...] Par ailleurs, il existe de multiples oppositions : entre professionnels, qui représentent la catégorie de population marginalisée, et les élus, représentants de l’intérêt général ; entre professionnels de culture de métiers différentes, entre institutions concurrentes aussi. Enfin la concertation s’accompagne d’une remise en question des qualifications professionnelles car la mise en place de nouveaux dispositifs implique de travailler sur un pied d’égalité avec d’autres partenaires parfois non-spécialistes. Les professionnels du travail social peuvent donc ressentir un sentiment de dévalorisation. Toutefois, l’auteur affirme que La mise en place des structures de concertation ( ) ne tiennent pas à la mauvaise volonté des participants, mais à des processus et des situation de nature institutionnelle. 74). [...]
[...] Ion remarque l’introduction de nouveaux acteurs dans le champ du social : militaires et policier. Ainsi J. Ion parle de politique sociale territorialisée politique car c’est un mode de gestion de rapports sociaux, sociale car c’est dans la lignée de l’Etat providence et territorialisée car le territoire (comme espace et population) qui est l’objet d’intervention mais aussi le moyen de la politique. L’auteur note que les dispositifs s’inscrivent dans une évolution de plusieurs décennies, ou apparaissaient déjà les thèmes de contrat, territoire Dans le champ du social aussi, il s’agit d’une évolution continue, ainsi l’idée d’action sur un groupe opposé à l’ ayant-droit apparaissait déjà dans les années 60. [...]
[...] Ainsi, Le travail social à l’épreuve du territoire reste pertinent à plus d’un titre au regard des politiques sociales actuelles. Pour exemple, les Espaces Sociaux Communs, qui réunissent la Caisse des Allocations Familiales, le Centre Communal d’Action Sociale et le Centre Départemental d’Action Sociale à Rennes rassemblent beaucoup des caractéristiques décrites par J. Ion : la difficulté du partenariat (qui dans notre exemple s’apparente plus à une cohabitation), la stigmatisation des populations (reprise par Estèbe) Aujourd’hui, les termes de proximité de partenariat de territorialisation font partie de la rhétorique des discours concernant le social. [...]
[...] III- Réflexion sur l’évolution du travail social Une analyse du travail social et des dispositifs encore d’actualité L’ouvrage de J. Ion reste d’actualité. L’auteur présentait déjà que les nouveaux dispositifs, bien qu’à caractère expérimental et donc sans réelle orientation politique, ont imposé une autre façon de poser les problèmes au point qu’il est impossible de raisonner en dehors de ce nouveau cadre : Au-delà des procédures, les nouveaux dispositifs imposent une nouvelle façon de désigner un objet d’intervention selon des catégories de perception, d’interprétation et d’action qui ruinent pour partie celles en usage. [...]
"L'acteur et le système" Erhard Friedberg, Michel Crozier (1977)
«L'acteur dans l'organisation. Stratégie de l'acteur. Le pouvoir. L'organisation, un ensemble structuré et contraignant pour l'acteur. L'environnement, un cadre structuré et contraignant pour l'organisation. Les « relais organisationnels ». L'environnement, un modèle culturel. Les systèmes d'action...»
«A partir de leurs conclusions sur la sociologie des organisations (mise en avant des faiblesses de la bureaucratie), les co-auteurs élargissent leur réflexion à l'analyse des systèmes, les « systèmes d'action concrets ». La thèse centrale est que l'acteur n'existe pas en dehors du système social...»
Analyse de l'ouvrage d'Hélène Massa, "Le travail social avec les groupes"
«Le travail social en groupe : vers une nouvelle approche de la relation d'aide. La méthodologie du travail social avec les groupes. Les caractéristiques du TSG. Le rôle central du groupe. Du TSG au DSL : la place prépondérante du travailleur social.»
«Actuellement, on constate que de nombreuses personnes sont en marge de la société et développent un sentiment d'impuissance face aux transformations de la société. Dans ce cadre, le travailleur social doit élaborer des interventions spécifiques auprès de ces personnes. Le travail Social avec...»
La dynamique de groupe - concepts et exemple
«Les concepts de la dynamique de groupe. Définition de la notion de ''groupe''. Définition de la ''dynamique de groupe''. Le schéma fonctionnel du groupe. Comprendre les affinités. Le leadership. Le développement du groupe. La dynamique de groupe et le...»
«Le mot « groupe » serait un mot étymologiquement très récent : il est apparu en Italie dans le monde des Beaux-arts au XVIIe siècle sous la forme gruppo. Il avait alors pour signification un exercice de sculpture au cours duquel il fallait réaliser des personnages unis par un socle commun. Cette...»
La précarité
«L'évolution de la précarité de l'emploi. Approche de la précarité. Le marché de l'emploi : une cause de précarité. Approche théorique relative à la notion de précarité : avec Robert Castel et Serge Paugam. Paugam et la disqualification sociale. Castel et la désaffiliation sociale. Bonazza et Les...»
«L'hypothèse principale que nous vérifierons lors de l'enquête sociologique : Est-ce que le terme de précarité revêt la même signification pour tout le monde ? Dans un premier temps, nous étudierons l'évolution de la précarité de l'emploi ; puis, nous nous attarderons à l'approche théorique...»
