Nous, on en parle pas. Les vivants et les morts chez les Manouches (Patrick Williams)
- L'ouvrage.
- 'Les morts parmi les vivants'.
- 'La médiation des morts, si elle lie les vivants les uns aux autres, elle les isole également les uns des autres'.
- 'La civilisation du monde'ou les 'Manouches parmi les Gadjé'.
- 'Les vanniers sont devenus des ferrailleurs'.
Le terrain d’enquête de l’ethnologue est le nord du Massif Central et plus précisément le Limagne d’Allier et aux Combrailles. Il nous donne des renseignements sur les origines des groupes manouches qu’il étudie : leurs descendants sont germaniques. P. Williams nous explique la particularité des Manouches étudiés ici : ils utilisent la langue manouche dans leurs échanges de tous les jours. En effet, il nous précise que ce n’est plus une pratique très courante dans d’autres communautés Manouche.
Dès les premières pages, l’auteur rentre immédiatement dans le vive du sujet : la mort chez les Manouches. Dans ce chapitre, il est tout de suite expliqué le grand principe qui règne à propos de la mort chez les Manouches : « Il ne faut rien garder ». En effet, lorsqu’un individu meurt, la famille ne doit rien conserver du défunt : objets, voiture, caravane (bien qu’elle puisse être gardé tout de même si la famille est pauvre). L’argent du défunt l’accompagne dans sa tombe ou est utilisé pour l’enterrement. La famille du défunt peut vendre la caravane ou la voiture (argent étant pour les tombes), mais le plus souvent les objets sont brûlés. Lorsque un objet était très aimé par le défunt, il est possible de le garder. Tous les objets, qu’ils soient brûlés ou gardés deviennent des objets mulle, et doivent donc être traités avec respect. Le respect envers l’objet mulle et le défunt est très important. Ainsi, l’objet ne doit pas être maltraité, ou négligé. Le silence a une place importante dans ces rites : on ne doit pas dire qu’un objet est mulli, même si cela doit causer des ennuis (l’auteur nous donne un exemple avec un manouche qui préfère avoir une mauvaise image que de dire qu’un objet est mulli). Pour ce qui est des consommations et des pratiques du défunt, les proches arrêtent de les pratiquer : les chansons qu’il chantait, les boissons qu’il aimait, les lieux qu’il préférait…etc.
[...] Le hérisson étant le plat favori des Manouches de la région. Ils savent le chasser et le cuisiner. Il est très important dans la culture manouche. L’auteur nous dit même qu’il y aurait une connivence entre Manouche et hérisson, p.43. Dans les récits énoncés p.38, et p.43/44, on ne sait pas vraiment si nous sommes dans le conte ou dans la réalité. En effet, le début paraît toujours très réel, et la fin, beaucoup moins. Par exemple dans le récit p.38, un hérisson parle à la fin : Eh bien mon frère ! [...]
[...] L’auteur nous explique que pendant la période où l’objet est retiré, il subit une transformation rituelle. [Pour moi, ce rite est rempli de sens. L’objet, le plat, la chanson, etc. retiré n’est pas oublié, il prend justement tout son sens pendant cette période, et permet ainsi d’être réintégré correctement dans le but de nourrir l’individu de sens. C’est une pratique que je trouve tout à fait remarquable.]. L’auteur pense que la capacité de civiliser manouche est sans limite ; et elle civilise chacun de ses membres sans limite. P. [...]
[...] Le respect est une des causes principales de ce choix, mais les Manouches ont peur de la mort qui revient : le mulo. Revenons aux objets : ils ne portent aucun signe distinctif comme quoi ils seraient mulli ; c’est pourquoi les Manouches sont sans cesse dans l’interprétation et dans l’observation : Tout peut être doté d’un statut particulier, mullo p.26. Lorsqu’un proche passe à la période de deuil éloigné, il remange un plat, refait une activité que le défunt aimait et ce n’est plus quelque chose qui est donné par le monde, c’est quelque chose que l’on soi, mis au monde. [...]
[...] Entre les vivants : les proches du défunt et les manouches les plus éloignés. Les proches sont les parents consanguins, les enfants, les frères et sœurs, le conjoint, etc. Le nom du défunt n’est plus prononcé par les proches après sa mort (pendant la période qui suit). En dehors des proches, le décès est évoqué autant de fois possible. Après cette période qui suit le décès, les proches peuvent évoquer le défunt mais avec beaucoup de précautions (il ne racontera pas une anecdote du défunt par peur de se tromper dans le récit) car il ne faut pas lui manquer de respect (mais son nom est évité). [...]
[...] L’ouvrage est extrêmement riche, d’où un résumé un petit peu long. Mais il me semble important de donner un maximum de détails. Les Manouches ont une culture si intéressante et si riche que j’ai l’impression de n’avoir rien dit. [...]
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