La peur, une émotion nécessaire
- La peur, une émotion normale
- Définitions
- La peur bonne ou mauvaise ?
- La peur, une émotion structurante
- Chez l'enfant, une émotion socialisatrice
- Chez l'adulte
- Les formes pathologiques: la peur comme émotion destructrice
- Chez l'enfant
- Chez l'adulte mais aussi chez l'enfant
Présente chez les animaux comme chez l’être humain, la peur est une émotion universelle. Elle touche tout le monde dès la petite enfance mais nous ne sommes pas égaux face à elle. L’aspect désagréable de cette émotion complexe pose la question de son utilité : est–il normal de ressentir de la peur ? Dans quelles proportions ? Ou n’a-t-elle qu’un caractère négatif et destructeur ?
On appelle peur l’ensemble des réactions qui accompagnent la prise de conscience d’un danger ou d’une menace.
Selon Christophe André, médecin psychiatre à l’hôpital Saint Anne, à Paris, la peur est une émotion désagréable, d’intensité variable, déclenchée par un ou des évènements dans lesquels un risque ou un danger (réel ou imaginaire) est ressenti comme menaçant.
Une peur est ressentie aussi longtemps et aussi souvent qu’une menace correspondante est perçue.
Elle joue, comme la douleur, un rôle de signal d’alarme nécessaire à la survie de l’individu et donc de l’espèce. C’est une émotion préservative qui se caractérise aussi par l’importance des phénomènes physiologiques qui lui sont associés (accélération des rythmes cardiaque et respiratoire, tension musculaire…), et par des manifestations comportementales spécifiques (fuite ou paralysie).
Les mots qui désignent la peur et ses dérivés sont nombreux sans être des synonymes ; ils décrivent les différentes formes de la peur. Ces diverses nuances portent sur l’intensité de l’émotion ressentie, sur les manifestations physiologiques associées et sur le caractère, réel ou imaginaire, du danger.
[...] La peur est aussi une condition de différenciation des objets de l’environnement. Elle permet d’identifier et d’isoler les objets dangereux. ( Les enfants commencent d’ailleurs par ignorer le danger et ont des activités qui mettent leur vie en péril comme monter sur le rebord de la fenêtre par exemple). Les différentes peurs apparaissent à mesure que l'enfant en a besoin. (ex. :La peur du vide apparaît vers un an, lorsque le bébé se met à marcher.) Le psychanalyste anglais Donald Wood Winnicott a aussi mis en relief l’aspect créateur de la peur en analysant les phénomènes transitionnels Les doudous qui apparaissent aux alentours de 6 mois. [...]
[...] Ils n'arrivent plus à se contrôler et ce d'une manière permanente. Cette angoisse s'articule autour de trois dimensions : Psychologique/cognitive : Le sentiment de peur, d'inquiétude perturbe la concentration, l'attention, la mémoire. Physique/physiologique : les palpitations, le coeur qui bat vite, l'impression d'étouffer, les douleurs au ventre, le sentiment de pression thoracique, les vertiges, la transpiration, les bouffées de chaleur, les fourmis dans les mains, les jambes qui tremblent sont les principaux signes de l'angoisse. Dans le cas de crise aiguë d'angoisse, ces symptômes vont arriver très vite et très fort. [...]
[...] Les théoriciens considèrent que ces phénomènes appartenant à la famille de la peur doivent se comprendre en référence à elle. La peur fonctionne comme un signal d’alarme dont le but est d’attirer notre attention sur un danger, pour nous permettre d’y faire face au mieux. Le problème est que cette alarme peut être plus ou moins bien réglée. La peur normale : Pour Christophe André, une peur normale est une alarme efficacement calibrée dans son activation et dans sa régulation. [...]
[...] Pour Christophe André, la phobie est l’échec émotionnel des confrontations avec la peur. On distingue deux grandes sortes de phobies : d’une part les phobies sociales, peur de situations dans lesquelles on est confronté aux relations avec les autres (crainte de parler en public, crainte exagérée de ses supérieurs, timidité anormale dans ses relations personnelles ) et d’autre part les phobies d’objets ou de situation qui n’impliquent pas les relations sociales (claustrophobie, peur des animaux Selon les psychanalystes, les phobies seraient l’expression d’un conflit inconscient et représenteraient un rempart contre des peurs plus sévères. [...]
[...] : la peur n’est pas modulée et devient très vite panique. Les fausses alertes sont fréquentes. Sa régulation est anormale : La peur pathologique met très longtemps à redescendre et à se calmer, elle a aussi tendance à se rallumer facilement, c’est le phénomène du retour de la peur : Plus le sujet à peur violemment et souvent, plus la peur reviendra fortement et facilement. Ces peurs pathologiques sont un terrain prédisposant aux pathologies de la peur : Les phobies. [...]
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