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Informations sur l'auteur

étudiante
Niveau
Grand public
Etude suivie
sciences...
Ecole, université
Sciences Po...

Informations sur le doc

Date de publication
02/02/2011
Date de mise à jour
21/02/2011
Langue
français
Format
Word
Type
dissertation
Nombre de pages
13 pages
Niveau
grand public
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4 fois
Validé par
le comité Oboulo.com
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La place de la culture dans le dialogue franco-chinois : Mme Jin Siyan

  1. Introduction historique aux contacts Chine-Occident: réussir la troisième rencontre
  2. Le centre Confucius : un modèle innovant
  3. Considérations autour des littératures françaises et chinoises
  4. La collection Proches lointains : une initiative éditoriale au service du dialogue franco-chinois
    1. Notre invitée: Mme Jin Siyan
    2. Questions et débat ouvert

Comme nous l'avons vu, la littérature est un activité essentiellement subjective, ancrée dans une culture, et ce tant du point de vue de l'écrivain que de lecteur. L'activité littéraire constitue la rencontre de deux filtres culturels: celui de l'auteur, dont les conceptions intellectuelles, la pensée et l'écriture sont ancrées dans une culture qui lui est propre, et celui du lecteur, qui ne lit et n'analyse sa lecture qu'en fonction de ses propres conceptions et jugements, eux mêmes engendrés dans un contexte culturel propre. Pour Meng Hua, “Le malentendu est l'une des formes du filtrage culturel. Le récepteur a filtré la culture de l'émetteur par son horizon d'attente. Il a absorbé la partie profitable répondant au besoin de sa propre culture, tout en déformant certains facteurs, en vue que celle-là s'adapte le mieux possible à celle-ci, sans laisser passer ce qu'il ne comprend et ce dont il n'a pas besoin”. Comme le veut l'expression, on ne peut vivre ou lire une situation sans se démunir de ses “propres lunettes”. Et là d'ailleurs n'est pas l'enjeu: se démunir de ce filtre culturel inhérent à chacun d'entre nous, ce serait devenir l'autre, devenir autre, ce qui n'est évidemment pas le but recherché. Le dialogue interculturel reste d'une grande subjectivité mais n'appelle nullement à l'effacement des particularités culturelles de chacun., mais que nous devons les comprendre et respecter leur différence. Pour Umberto Eco, “Il ne s'agit pas de prouver que les autres nous ressemblent. Nous devons chercher, non à découvrir des licornes, mais à comprendre la nature, les habitudes et le langage des dragons.” Ainsi, si on ne peut détruire ces filtres culturels, on peut tout au moins les expliquer, et c'est pourquoi nous allons poser quelques questions à Jin Siyan, notre invitée, sur la place de culture, et tout particulièrement de la littérature, dans l'évolution du dialogue franco-chinois.

Pouvez-vous nous expliquer en quoi le malentendu interculturel est bénéfique, source de compréhension mutuelle plutôt que de discorde entre les cultures?

La littérature est une des multiples fenêtres culturelles (avec la musique, l'art, etc) que nous pouvons saisir pour comprendre et pénétrer la culture de l'autre. Mais quelles sont, selon vous, les caractéristiques de cette fenêtre culturelle, qui la rendent différente des autres moyens culturels de découverte et compréhension de l'autre?

La littérature reste aujourd'hui un outil de second plan dans le dialogue transculturel franco-chinois. Quelles en sont les raisons? Est-ce du essentiellement à la désaffection qui touche la littérature dans nos sociétés occidentales, surtout chez les jeunes, ou existe-t-il une raison plus structurelle?

L'utilisation du « je » et du « nous » dans la littérature chinoise est-elle révélatrice d'une évolution de la société, du collectif vers l'individuel? En quoi cette nouvelle « correspondance » avec l'Occident peut-elle être positive ou négative?

[...] Connaître les 5 petites vertus dans la vie quotidienne, et les 5 grandes dans la vie politique culturelle : le petit achèvement et le grand achèvement de l'humanisation. Sensibiliser le peuple de Hong Kong (insensible à la culture chinoise traditionnelle car colonisé et commercialisé à outrance pendant 99 ans) par une série de poésies au collège, tracts de poèmes dans le métro, sites de poésie internationale: ne rapporte rien mais c'est un apport essentiel au genre humain. Comme le disait Einstein, tout ce qui compte ne compte pas, tout ce qui ne compte pas compte Le je et le nous: En chinois, deux mots désignent le je: wo 我 / wu . [...]


[...] Cette idée est très appliquée dans la pensée chinoise. Les communistes ne représentent pas toute la pensée chinoise: 60 ans de communisme par rapport à 6000 ans de culture chinoise, c'est une goutte d'eau. Va-t-elle entrer dans l'océan ou se sécher? Personne ne le sait. Dans son rapport à la différence, le chinois est donc moins pratique et utilitaire, plus philosophique, à la recherche d'une harmonie générale. Toutes les rencontres ne sont pas paisibles. Comment entreprendre cette rencontre de l'autre? [...]


[...] Tout l'effort des théologiens occidentaux a été de chercher la sainte parole cachée derrière l'écriture alphabétique, de déconstruire une écriture qui traduit la pensée sainte pour saisir la sainte parole. Voilà tout l'effort de Derrida: la lecture est une action qui efface pour saisir. La relation avec l'écriture n'est pas la même entre celui qui écrit et ce qui est écrit. Avec l'écriture chinoise on crée, avec l'écriture occidentale, on détruit pour saisir: ce sont deux natures différentes, qui décident de la façon de penser et de la manière d'exister des personnes. Cela explique aussi pourquoi le non-agir et l'harmonie sont plus importants que l'agir et le vaincre. [...]


[...] La musique est interprétation de ces notes par un musicien à l'aide d'instruments, et ce produit n'est alors qu'éphémère à nos oreilles. Jamais l'opéra d'Orphée ne sera reproduit deux fois à l'identique, dès lors, où se cache la beauté d'un tel art? La question reste sans réponse. Ainsi donc, ces conceptions européenne et chinoise de la beauté sont un exemple d'une notion définie différemment en fonction du prisme culturel selon lequel on l'analyse, de comment deux peuples peuvent être lointains dans leurs conceptions respectives d'un même sujet. [...]


[...] Derrida est d'ailleurs l'auteur de sciences sociales français le plus traduit à l'étranger, ce qui ne cesse de me surprendre. La lecture est d'abord un effacement. Nécessité de 2 traducteurs dans la collection Proches Lointains: un de langue maternelle française et un de langue chinoise. La traduction est finalement un acte de création. Il est étonnant que le nom de traducteurs ne soit pas sur la première page de couverture, puisque c'est une nouvelle œuvre finalement. Jin Siyan: Le traducteur est plus apprécié et respecté en Chine, son nom apparaît toujours sur la couverture. [...]

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