La religion, institution humaine et doctrine
- La religion en tant qu'institution humaine
- La religion est plus qu'une institution humaine
- La religion est utile et nécessaire
- La religion est liée à la morale
- La religion est liée à la politique
- La religion en tant que doctrine à laquelle on adhère
- La doctrine religieuse répond à des questions auxquelles elle seule peut répondre
- La doctrine religieuse a un rapport au vrai et à la connaissance
- La doctrine religieuse et l'adhésion qu'on y porte s'accordent aux exigences de la raison
- On peut démontrer l'existence de Dieu
Quand on parle de religion, on est amené à désigner plusieurs choses. Il y a d'abord la religion dans sa dimension cultuelle et sociale : on désigne alors le fait qu'un groupe de personnes se ralliant à une même doctrine ou à une même vision du monde se livrent, ensemble ou séparés, à des rituels (prières, cultes..). Remarquant qu'une telle activité est spécifique à l'être humain, on est amené à se demander si la religion comme institution humaine est nécessaire à l'humanité, si elle est nécessitée par ce qui fonde l'identité humaine. Ensuite on peut également s'interroger sur l'intérêt et l'utilité d'une telle institution : à quoi sert-elle ? à quels besoins spécifiquement humains répond-t-elle ? est-elle la meilleure réponse qui soit à ces besoins ? On peut aussi essayer de distinguer cette réalité humaine de la superstition, de la magie et des sectes.
Il y a ensuite la religion dans sa dimension dogmatique : on désigne alors le fait que l'être humain dispose de doctrines visant à expliquer le monde et le sens de l'existence humaine. Remarquant que la science et la philosophie s'occupent elles aussi d'expliquer, pour l'une, le monde, et, pour l'autre, notamment le sens de l'existence humaine, on est amené à se demander si la religion comme doctrine constitue une réponse viable à ces questions, si elle est de nature vraiment cognitif. De là on peut s'interroger sur le rapport de ces doctrines à la vérité : comment sait-on qu'elles sont vraies, puisqu'il ne nous ait donné aucun moyen de le vérifier, et que les différentes doctrines portent des discours différents sur les mêmes choses ? quelle place laissent-elles aux autres disciplines qui leur sont concurrentes, à savoir la science et la philosophie ? Il y a enfin la religion dans sa dimension intérieur : on désigne alors l'adhésion qu'un être humain porte aux doctrines religieuses. Remarquant que cette adhésion n'est pas ou plus une donnée universelle chez l'être humain, on est amené à se demander d'où elle vient : est-elle née un conte de fée auquel on croit parce qu'on en a besoin ou bien est-elle une adhésion raisonnable et lucide ? De là on peut aussi d'interroger sur le caractère objectif d'une telle adhésion : peut-on décider de croire ? quelque chose peut-il nous en convaincre ? peut-on en démontrer la nécessité ? C'est aux questions que soulèvent ces trois réalités que nous allons tenter de répondre ici
[...] Si on se demande si la religion comme institution humaine peut être plus qu’une institution humaine, la réponse sera nécessairement non car le fait de se rassembler, d’effectuer des rituels, est spécifiquement humain. A présent, si on se demande si la religion comme doctrine peut être est ou non une institution humaine, on se demande en fait si cette doctrine est une invention née de l’imagination humaine, telle que les contes de fées, les mythes, dont on sait qu’ils sont faux, ou bien si elle est une révélation accordée à l’homme par une instance autre qu’humaine. Cela revient à se demander si Dieu existe ou pas, ce qui est une question insoluble. [...]
[...] Il y a enfin la religion dans sa dimension intérieur : on désigne alors l’adhésion qu’un être humain porte aux doctrines religieuses. Remarquant que cette adhésion n’est pas ou plus une donnée universelle chez l’être humain, on est amené à se demander d’où elle vient : est-elle née un conte de fée auquel on croit parce qu’on en a besoin ou bien est-elle une adhésion raisonnable et lucide ? De là on peut aussi d’interroger sur le caractère objectif d’une telle adhésion : peut-on décider de croire ? [...]
[...] Mais toutes les instances pouvant y répondre étant potentiellement dangereuses car pouvant toutes être détournées de leur fin réelle (politique), et leur succès n’étant pas plus assuré que celui de la religion (psychanalyse), la religion reste une réponse acceptable aux angoisses nées de la condition humaine, si tant est qu’elle reste fidèle aux préceptes moraux qui la définissent. Quant à la religion véritable, elle ne répondrait pas à une question, puisqu’elle ne viendrait pas rendre un sens mais en offrir un, nouveau et inédit. [...]
[...] Ceux qui ont cru en premier leur témoignage ont-ils été des gens crédules, ne s’apercevant pas que ce que l’on racontait relevait plutôt du délire que d’une révélation ? Et ceux qui croient actuellement sont-ils eux aussi atteints de ce manque de certitude et de confiance dans la vie qui les pousse à adhérer à des délires inconsistants ? La question la plus pertinente est cette dernière, car c’est celle que se posent plus volontiers les philosophes. A cela ils répondent généralement que oui, la crainte, la mise en danger de la société, peut entraîner à adhérer à des doctrines dont rien ne prouve la validité. [...]
[...] C’est pour cette raison qu’il essaie de convaincre rationnellement, par un calcul de probabilité, de travailler à son salut via la religion, puisqu’il n’y a pas grand chose à perdre à cela si Dieu n’existe pas, mais tout s’il existe et que l’on n’a pas tout fait pour être sauvé. Ainsi, dans le cas de la religion superstitieuse qui utilise l’idée d’un Dieu pour se consoler, n’ayant pas d’intérêt intellectuel dans cette adhésion, qu’il y ait ou non preuve de l’existence de Dieu est indifférent. [...]
Matérialisme historique et critique de la religion chez Marx et Engels
«REPENSER LA DIALECTIQUE MATERIALISTE DE LA RELIGION. La religion n'est pas un phénomène décontextualisé du réel. Bien au contraire, elle reflète l'état matérialiste des rapports sociaux. POUR PENSER AUTREMENT LA PLACE DE LA RELIGION DANS L'HISTOIRE. Une idéologie à combattre. Et condamnée...»
«Repenser la dialectique matérialiste de la religion. La religion n'est pas un phénomène décontextualisé du réel. Remettre la philosophie hégélienne à l'endroit. Réévaluation de la critique matérialiste de Feuerbach. Bien au contraire, elle reflète l'état matérialiste des rapports sociaux. Les...»
Le concept de religion chez Durkheim, Weber et Gauchet
«Emile Durkheim. La méthodologie durkheimienne. Le phénomène religieux et la religion. Max Weber. La méthode spécifique wébérienne. L'approche de la religion. Marcel Gauchet. Le coup de théâtre. Renversement de perspective. Spécificité révolutionnaire du christianisme.»
«L'essai traite des différentes définitions qu'ont tenté d'apporter Durkheim, Weber et Gauchet à la religion. Emile Durkheim en a tiré une théorie générale du sacré en recourant aux procédures scientifiques du positivisme et s'est employé à faire naître le fait religieux de la dichotomie...»
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«Par de nombreux aspects, l'Islam est et se veut « un ». Ceci contraste avec les nombreuses différences (religieuses, sociales, économiques) que cette étude se propose de relever. Ce document s'applique donc en premier lieu à exposer ce qui fait l'unicité de la religion musulmane, avant de...»
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«Fiche de lecture de l'un des ouvrages centraux de la pensée de l'universitaire suisse. Comment penser l'intégration d'une population musulmane dans un environnement social et institutionnel qui s'est bâti sur l'héritage chrétien et athée? Tariq Ramadan propose ici réponses et pistes de réflexion à...»
