La religion en France (1789-1815) : persécution, compromis et restauration
- Une Eglise 'Nationale' ?
- L'Eglise dépossédée : les biens nationaux
- La Constitution civile du clergé
- Les prêtres réfractaires
- Les cultes minoritaires intégrés à la nation
- La Révolution contre la religion ?
- La phase 'déchristianisatrice'
- Créer une religion 'naturelle'
- L'apaisement après Thermidor ?
- La religion au service de Napoléon ?
- Le Concordat : une Église unifiée ?
- Le conflit avec la papauté
- Des germes de laïcité ?
- Une restauration religieuse (1814-1815) ?
- La restauration et les ultramontains
- Reconquête et pénitence
• À ses débuts, la Révolution entend fonder sa politique religieuse sur une tolérance générale (continuité avec les Lumières), en cantonnant la religion dans le privé (affirmation de la liberté religieuse dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789). Mais, de même qu’elle se déclare anti-monarchique en 1792, après une expérience de monarchie constitutionnelle, elle se déclare anti-catholique en 1793, après une expérience d’Église constitutionnelle en continuité avec les efforts gallicans (affirmation de l’État) : en ce sens, la « déchristianisation » aurait surtout des mobiles politiques. Quelle a été la portée de cette brève politique de déchristianisation ? Comment les cultes non catholiques sont-ils considérés à côté de ce qui n’est plus une religion d’État ?
• La religion est au cœur du « transfert de sacralité » (Mona Ozouf) que représente le processus révolutionnaire : pour beaucoup d’historiens républicains du XIXème siècle, comme Michelet ou Quinet, la Révolution elle-même apparaît comme une nouvelle religion (du latin « religere » = « relier »), annonçant la possibilité d’un bonheur terrestre, alors que le christianisme réserve le bonheur à l’au-delà. Comme la religion, la Révolution considère l’homme en général et se joue des frontières politiques pour se répandre grâce à ses apôtres. Elle niche d’ailleurs ses clubs dans les églises, qu’elle décore de bustes de Marat, « martyr de la liberté ». Un « autel de la Patrie » est édifié au Champ-de-Mars, la Constitution apparaît comme un équivalent des Tables de la loi, et le serment remplace la communion, sous l’œil d’un « Etre suprême ». Dans cette perspective, la Terreur, tranchant entre les « bons » et les « mauvais », se poserait comme l’équivalent du Jugement dernier.
[...] Le culte de la Raison (athéisme) et l’iconoclasme Avec l’instauration du culte de la Raison, à l’occasion de la Fête de la Liberté et de la Raison on passe clairement de l’antichristianisme à l’athéisme. Désavoué par le gouvernement révolutionnaire, ce culte est le fruit d’initiatives locales, sous l’égide de certains représentants en mission, des armées révolutionnaires de sans-culottes et des clubs extrémistes. - Le 10 novembre 1793, Chaumette transforme la cathédrale Notre-Dame de Paris en Temple de la Raison pour célébrer ce nouveau culte. Beaucoup d’églises de province subissent le même sort. [...]
[...] Le 2 novembre 1789, sur une proposition de Talleyrand, évêque d’Autun, un décret met les biens ecclésiastiques à la disposition de la nation : la richesse injustifiée de l’Église était un thème caricatural classique au XVIIIème siècle (on peut penser par exemple aux attaques de Voltaire). L’assignat sera gagé sur ces biens nationaux dits de première origine (ceux de seconde origine étant ceux confisqués ensuite aux émigrés). Pour justifier cette expropriation qui semble contredire les principes contenus dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, on prétend que le droit de propriété de l’Église n’est pas comparable à celui d’un particulier, car il est féodal La Constitution civile du clergé La loi du 13 février 1790 abolit les vœux monastiques, jugés inutiles et incompatibles avec la libération de l’individu prônée dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen, ce qui voue les couvents à disparaître : les membres du clergé régulier sont d’ailleurs invités à se séculariser en rejoignant les rangs du clergé de paroisse, ou au moins à se regrouper, pour libérer certains couvents, qui seront nationalisés. [...]
[...] Parmi les prêtres, la moitié deviennent jureurs (autour de Paris et dans le Midi), tandis les autres, qui étaient parfois favorables à la Révolution au départ, sont dits réfractaires (dans l’Ouest et le Nord). La Constitution civile du clergé est décisive dans la formation d’une résistance populaire à la Révolution : l’implantation d’un prêtre jureur est souvent vue comme une intrusion citadine dans les communautés rurales locales, où les prêtres réfractaires continuent à célébrer des messes clandestines. Après l’échec du décret du 27 mai 1792 (à cause du veto royal), c’est le décret du 26 août 1792 (après la chute de la monarchie) qui organise l’exil des prêtres réfractaires, assimilés à des ennemis de la Révolution : ils doivent quitter le pays dans les 15 jours, sous peine de déportation en Guyane. [...]
[...] La religion en France (1789-1815) : persécution, compromis et restauration À ses débuts, la Révolution entend fonder sa politique religieuse sur une tolérance générale (continuité avec les Lumières), en cantonnant la religion dans le privé (affirmation de la liberté religieuse dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789). Mais, de même qu’elle se déclare antimonarchique en 1792, après une expérience de monarchie constitutionnelle, elle se déclare anticatholique en 1793, après une expérience d’Église constitutionnelle en continuité avec les efforts gallicans (affirmation de l’État) : en ce sens, la déchristianisation aurait surtout des mobiles politiques. [...]
[...] Le rapprochement entre l’Église et la monarchie produit ainsi ce que François Furet appelle la formule de combat de la Restauration. Le jeune clergé des débuts de la Restauration est ultramontain, de même que des penseurs comme Bonald ou de Maistre : ils affirment la supériorité du pape sur les souverains temporels. Malgré le Préambule, qui semble légitimer la monarchie par le droit divin, les ultramontains ne sont pas satisfaits par la Charte : si elle déclare que le catholicisme est religion d’État ce n’est qu’une simple prééminence honorifique, car elle proclame en même temps la liberté de culte pour les autres religions. [...]
Résistances à la révolution et contre-révolution (1789-1815)
«L'invention de la ' droite '. L'impossible monarchie constitutionnelle. L'émigration. Les déboires de l'action armée. Le martyre du roi. Les idéologues de la contre-révolution. Un exemple de résistance rurale : 'anti- révolution ' et 'contre-révolution ' dans les campagnes de l'ouest. Aux origines...»
«Révolution et Contre-Révolution se définissent l'une par rapport à l'autre (d'où l'effet de radicalisation réciproque). Certains aristocrates, comme le comte d'Artois ou comte d'Antraigues, libertins et contestataires à l'époque des Lumières, se rapprochent, dans la tourmente, des Bourbons et de...»
Contre-révolution, Révolution et Nation en France 1789-1799, de Jean-Clément Martin
«Les origines : 1743-1770. L'engagement : 1770-1774. La vertu au pouvoir : 1774-1776. Au service des Lumières : 1777-1785. L'année du plus grand bonheur (1786). Le démon de la politique : 1787-1788. Un homme d'influence : 1789-1791. Un homme de pouvoir : 1791-1792. Un homme seul : 1792-1793. Un...»
«La contre-révolution est un ensemble flou de « résistances » à la révolution venues de tous les horizons, qui fut dénoncé, identifié puis revendiqué jusqu'à s'incarner en un mouvement précis. Elle a coupé en deux la société française entre 1789 et 1799. L'objectif du livre est de retracer la genèse...»
L'Islam : une religion unitaire, des réalités plurielles
«Une religion unitaire. L'unicité de Dieu. Un prophète, une révélation. Une langue sacrée : l'arabe. Une même doctrine de l'Islam. Les différences religieuses : des grandes écoles de pensée aux mouvements de radicalisation récents. Les sunnites. Les Chiites. Les kharidjites (les sortants, les...»
«Par de nombreux aspects, l'Islam est et se veut « un ». Ceci contraste avec les nombreuses différences (religieuses, sociales, économiques) que cette étude se propose de relever. Ce document s'applique donc en premier lieu à exposer ce qui fait l'unicité de la religion musulmane, avant de...»
Les musulmans d'occident et l'avenir de l'Islam, Tariq Ramadan
«Un univers de références, le cadre islamique de Tariq Ramadan. De l'unicité de l'Islam. De la nature humaine en Islam. De la Révélation en Islam. Les interprétations traditionnelles dans le monde musulman. La Sharî'a. Penser un principe d'intégration sans nier la dimension musulmane. Penser la...»
«Fiche de lecture de l'un des ouvrages centraux de la pensée de l'universitaire suisse. Comment penser l'intégration d'une population musulmane dans un environnement social et institutionnel qui s'est bâti sur l'héritage chrétien et athée? Tariq Ramadan propose ici réponses et pistes de réflexion à...»
