"Dans quelle société vivons-nous?", de François Dubet et Danilo Martuccelli
- Unité des mouvements sociaux
- Le mouvement ouvrier
- L'importance des syndicats dans l'action collective des ouvriers
- Éclatement des mouvements sociaux
- Le déclin du syndicalisme
- Institutionnalisation des conflits
- Amène à la remise en cause des identités professionnelles
- Les transformations de l'action collective
- Émergence des nouveaux mouvements sociaux (NMS)
- Caractéristiques et limites des NMS
Le livre de François Dubet et Danilo Martuccelli « Dans quelle société vivons-nous ? », publié en 1998 par d'un constat initial qui est celui d'un déclin de l'idée de société. Cette formulation entend rendre compte de l'essoufflement d'un certain mode de représentation de la vie sociale, celui qui avait été construit entre la seconde moitié du 19ème siècle et les années 1950. L'idée de société était une philosophie sociale, une métaphore s'efforçant de décrire la société, alors que celle-ci entrait dans la révolution industrielle ; cette représentation permettait de reformuler les vieilles questions de l'ordre, de l'action. Aujourd'hui cette idée de société correspond à « un type idéal antérieur, vis à vis duquel la société contemporaine connaît une longue crise ». Les débats sociologiques ne mettent plus en avant des représentations et des théories de la totalité sociale, mais proposent des conceptions de l'acteur, du sujet. L'idée de totalité a été repoussée à l'arrière de la scène sociologique. « La société ne peut plus être représentée comme un ensemble naturel intégré autour d'une culture, d'un mode de production, de fonctions ».
Dans une société telle que Dubet et Martuccelli la présentent, les mouvements sociaux ne peuvent qu’être eux aussi marqués par un certain éclatement, et c’est cette multiplicité qui tend à poser la question du sens même que la société veut se donner, et du sens qu’elle donne à l’idée de société : « la cohérence des mouvements sociaux n’est plus donnée par un seul de ces mouvements, mais par le « système » qu’ils constituent et qui est celui des débats et des façons dont une société se prend en charge elle-même ».
[...] Institutionnalisation des conflits. La classe ouvrière a évolué pendant les Trente Glorieuses en se moyennisant. L'État providence, par le mécanisme de la redistribution (fiscalité et prestations sociales), y a grandement contribué, ce qui a permis l'essor de la consommation de masse et une certaine réduction des inégalités. Par ailleurs, les syndicats, en encadrant le conflit social (en le socialisant) et en revendiquant, ont permis une traduction de leurs aspirations dans les changements législatifs. Ainsi, les conventions collectives, les congés payés, la réduction du temps de travail, l'avancement de l'âge de la retraite, la protection des salariés par le droit du travail se traduisent-ils par des avancées sociales, des acquis sociaux matérialisés par des lois. [...]
[...] Cela contribue à un sentiment collectif qui construit leur identité. S'il y a conflit , il y a nécessairement affirmation du sentiment d'une différence avec autrui et donc, normalement, cela se répercute dans le fonctionnement interne du groupe, en développant l'esprit de corps, autrement dit le sentiment de l'identité du groupe. Ainsi, certains conflits sont essentiellement d'ordre expressif, sans autre objectif ni autre fonction que ranimer l'identité des groupes qui entrent en conflit. La période contemporaine nous montre une rupture qui se serait opérée entre anciens et nouveaux mouvements sociaux, entre les anciens et nouveaux enjeux de la société. [...]
[...] Éclatement des mouvements sociaux. 1./ Le déclin du syndicalisme. La désyndicalisation est un phénomène général dans les pays industrialisés. Le nombre de conflits, mesuré par le nombre de journées de travail perdues du fait des grèves, a considérablement diminué en France depuis 20 ans : entre 3 et 4 millions de journées perdues par an pour fait de grève à la fin des années 1970, moins d'un million en général depuis 1985. Cette diminution peut étonner : on a parfois l'impression, à tort, que les grèves sont plus nombreuses que jamais. [...]
[...] Pour chacun de ces mouvements, on peut ainsi mettre en parallèle les raisons qui ont motivé l'action collective et les principaux résultats obtenus. L'apparition de ces NMS conduit à poser la question de l'existence d'un mouvement central structurant la société actuelle comme c'était le cas de la société industrielle avec le mouvement ouvrier. Celui-ci était central dans la logique marxiste de l'opposition de classes entre dominants et dominés à travers les conflits du travail. Le caractère central supposait que toute défense d'intérêt particulier devait s'inscrire dans ce mouvement. [...]
[...] Commentaire : Dans quelle société vivons-nous - François Dubet et Danilo Martuccelli Introduction Le livre de François Dubet et Danilo Martuccelli Dans quelle société vivons-nous ? publié en 1998 par d'un constat initial qui est celui d'un déclin de l'idée de société. Cette formulation entend rendre compte de l'essoufflement d'un certain mode de représentation de la vie sociale, celui qui avait été construit entre la seconde moitié du 19ème siècle et les années 1950. L'idée de société était une philosophie sociale, une métaphore s'efforçant de décrire la société, alors que celle-ci entrait dans la révolution industrielle ; cette représentation permettait de reformuler les vieilles questions de l'ordre, de l'action. [...]
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