Le transfert dissocié
- Introduction à la psychothérapie institutionnelle
- Arguments
- Psychose et transfert : position du problème
- Le transfert dissocié
- Le rapport préobjectal
- La dissociation
- Le groupe, porteur d'angoisses psychotiques
- La première thérapie de groupe
- La structure du groupe : l'appareil psychique groupal
- L'institution comme refuge contre l'angoisse.
- Le transfert dans les groupes
- Clivage de transfert
- Limites de l'approche de la psychose par le groupe
- Pratiques du transfert dans la psychothérapie institutionnelle
- Le transfert multifocal
- La constellation transférentielle
- Transfert et vie quotidienne
- Transfert et espace du dire
Le transfert dissocié est un concept issu de la psychothérapie institutionnelle, je vais donc pour commencer vous introduire brièvement celle-ci.
La psychothérapie institutionnelle est née après la seconde guerre mondiale, c’est une remise en question de l’asile.
En effet, au sortir de la guerre certains psychiatres sont frappés par l’état déréliction dans lequel furent plongés les malades mentaux pendant la guerre dans les asiles. De plus leur aspect concentrationnaire choque certain d’entre eux ayant connu les camps de concentration nazis.
A l’image emblématique de PINEL libérant les fous de ses chaînes, vient alors s’ajouter celle de FRANÇOIS TOSQUELLES psychiatre, psychanalyste « modèle » de l’hôpital de SAINT ALBAN en Lozère. En effet, les mesures mises en place par celui-ci sont telles qu’il n’y a eu aucun décès à cause de la guerre à saint Alban (contre 40 000 en France). Celui-ci est depuis considéré comme fondateur de la psychothérapie institutionnelle. L’histoire veut que lorsqu’il vint se réfugier en France, il ait dans ses bagages, seulement deux livres :
- Celui de HERMANN SIMON, « Aktivere Krankenbehandlung in der Irrenansalt. » dans lequel on trouve la thèse qu’un établissement est un organisme malade qu’il faut constamment soigner et qu’on ne peut soigner les individus d’une collectivité sans soigner cette collectivité.
- ET la thèse de JACQUES LACAN, « De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité »…Alors très peu connu en France mais déjà traduite en espagnol.
Ainsi « Le retour à Freud » de JACQUES LACAN va grandement influencer le courant de la psychothérapie institutionnelle. Toutefois, si la base de réflexion de la psychothérapie institutionnelle se trouve être analytique, celle-ci doit s’en dissocier. En effet, dans sa praxie la psychothérapie institutionnelle est le dispositif complet de soins mis au service du sujet-patient dont généralement la psychanalyse. Il s’agit donc d’une co-construction entre le sujet malade et ceux chargés de le soigner. La psychothérapie institutionnelle vise donc à structurer et à aménager les équipes soignantes psychiatriques de telle façon que celles-ci soient aptes à la pratique de psychothérapie, quitte à en modifier les cadres en fonction des pathologies. Par conséquent il ne s’agit pas uniquement d’améliorer le sort des malades mais de penser un lieu « contenant » travaillé par les soignants qui puisse s’articuler à la structure de l’ordre langagier.
Saviez-vous qu’il n’y pas si longtemps, lorsqu’une ASH nettoyait la chambre d’un patient, Peu importe qu’elle fut fortement investie ou pas du tout. Celle-ci n’étant pas considérée comme une soignante, elle n’était pas autorisée à lui parler.
Ainsi selon Ginette Michaud : « la psychothérapie institutionnelle est la prise en compte des concepts analytiques dans toute la pratique institutionnelle qui parvient à organiser l’espace de vie des malades psychotiques en fonction de leurs structures, de leur investissement de l’espace, des relations de transferts aux lieux et aux personnes…visant une modification des lieux de soins de telle façon que tout ce qui est de l’ordre de l’aliénation sociale ne redouble pas l’aliénation mentale déjà supportée par les malades. »
On peut par exemple tenter de diminuer le clivage entre patient « qui sait rien » et « soignant qui sait tout », en supprimant le port de la blouse dans les services ou celle-ci n’est pas nécessaire.
Et pour Maud Mannoni : « La politisation du mouvement psychiatrique et psychanalytique a un sens dans la mesure où elle permet d’ouvrir les questions que l’idéologie bourgeoise à chercher à forclore. L’œuvre politique à entreprendre par psychanalyste et psychiatre consisterait en un travail de réflexion théorique (basé sur une réalité clinique) pour dégager ce que les préjugés bourgeois, les attitudes conservatrices maintiennent une situation de fait qui n’ouvre sur aucune issue. Si une bataille est à engager, elle doit viser les structures administratives d’un état totalitaire telles qu’elles sont actuellement mises en place en France. L’administration est une mère de psychotique, elle cherche dans les structures mise en place à oblitérer toute vérité qui risquerait de surgir de l’expérience. » Ainsi « pour les institutionnalistes, un cadre (les institutions, c'est-à-dire le langage, la loi, les relations interpersonnelles, la structure familiale) est indispensable à la constitution d’une personnalité. C’est sur ce cadre, dans lequel le patient se trouve « pris », qu’il faut agir. »
Pour cela, il faut incessamment recommencer à soigner l’établissement et ses équipes pour les sortir de leurs élans mortifères par la reconnaissance d’un « collectif » au travail et non plus d’une organisation rigide et vide de toute recherche de sens.
Si par exemple, un patient demande de quoi dessiner à un infirmier qui devra faire remonter sa demande à la hiérarchie. Si tenter que celui-ci fasse la démarche. Quand le patient obtient son bout de papier et son crayon il n’aura peut-être plus du tout envie de dessiner. Et la prochaine fois, il ne fera peut être même pas la démarche.
[...] Le patient sujet de sa folie, sujet de ses soins P. ASTRE, M. AYAT, B.KAMMERER, in PRATIQUES en santé mentale N°2. Ginette Michaud : essai sur la schizophrénie et le traitement des psychoses Maud Mannoni : enfance aliénée Sigmund Freud : de la psychothérapie. in La technique psychanalytique Sigmund Freud : les nouvelles voies de la thérapie psychanalytique.»,1918. Lacan Jacques : la psychiatrie anglaise et la guerre in l’évolution psychiatrique Lacan Jacques : d’une question préliminaire à tout traitement possible de la psychose Tosquelles François : introduction au problème du transfert en psychothérapie institutionnelle in psychothérapie institutionnelle. [...]
[...] Jaques, a développé sa théorie à partir des conceptions Freudiennes[18] d’identification par introjection (où le moi s’identifie à un objet en l’incorporant : ex le chrétien incorpore le Christ comme idéal) et l’identification projective (qui est un remplacement du moi idéal par un objet externe : ex le soldat remplace son moi idéal par le chef). Ainsi, pour se défendre de leurs angoisses paranoïdes, les individus placent inconsciemment des objets internes mauvais et des pulsions mauvaises dans certains membres de l’institution. C’est le cas du second de la marine ou du sergent dans l’armée. [...]
[...] Le transfert dissocié Table des Matières 1. Introduction à la psychothérapie institutionnelle Arguments. Chez Freud. Chez Lacan Psychose et transfert : position du problème Le transfert dissocié Le rapport préobjectal La dissociation Le groupe, porteur d’angoisses psychotiques La première thérapie de groupe La structure du groupe : l’appareil psychique groupal L’institution comme refuge contre l’angoisse Le transfert dans les groupes Clivage de transfert Limites de l’approche de la psychose par le groupe Pratiques du transfert dans la psychothérapie institutionnelle 1. [...]
[...] En effet, si la forclusion se révèle être antinomique avec la névrose, cela remettrait en question la nature de ce que l’on appelle angoisses psychotiques dans les groupes. En effet, dans cet exposé je me suis basé sur une distinction d’ordre essentiellement économique entre névrose et psychose alors que les points de vue topique et dynamique mériteraient que l’on s’y attache. Pratique du transfert dans la psychothérapie institutionnelle 3.1 Le transfert multifocal Nous allons voir maintenant ce qu’apporte, pour Oury[21] le concept de transfert multifocal dans le traitement des psychoses. [...]
[...] Seulement cette praxie se base sur un élargissement de l’attitude interprétative et un contre-transfert institutionnel. Il serait bon maintenant de définir et de travailler cette transversalité. Au risque dans le cas contraire que tous nos concepts se dissolvent et de voir apparaitre une multiplication d’interprétations sauvages aussi néfaste pour le sujet. N’avons-nous pas le devoir de rendre habitables ces lieux désertiques, paradoxalement pleins de rumeurs, d’agitation normale d’idées toute faite ? Lieux désertiques dans lesquels se sont égarés souvent à jamais, ceux que nous nommons psychotiques. Jean Oury. [...]
Psychanalyse et psychiatrie à l'écoute de la psychose : regard clinique sur l'institution...
«De l’institution au sujet. L’hôpital psychiatrique. La psychothérapie institutionnelle. Le cadre dans l’institution. Le psychologue dans l’institution. Quelques pas vers la psychose. La rencontre. La demande. L’asymétrie dans la relation. Le transfert dans la...»
«Dans le panel des émotions humaines, la théorie ne suffit pas toujours à nous faire percevoir la complexité de l'Etre. La différence fait parfois peur parce qu'elle nous échappe, et le rejet de l'autre comme conséquence est encore trop souvent d'actualité. Tenter de comprendre la personne...»
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