La vie quotidienne comme objet sociologique
- L'étude de la vie quotidienne par le sociologue : un nouveau champ de recherche aux enjeux multiples
- L'apparition d'une nouvelle sociologie dans les années 1960 : l'ethnométhodologie, une étude des différentes formes de représentation qui constituent la vie quotidienne
- Comment le sociologue étudie-t-il la vie quotidienne ?
- Différents facteurs de la vie quotidienne participent à la formation de l'individu et d'un ensemble social, et conduisent à une vision spécifique de la société
- Psychologie, temporalité et espace régissent la vie quotidienne et façonnent l'individu et l'ensemble social
- Une vision de la société issue de la vie quotidienne
- La vie quotidienne amène à une certaine homogénéisation de la société mais révèle cependant de profondes inégalités
- Le paradoxe : moyennisation ou différentiation ?
- La vie quotidienne révèle aussi les vastes différences qui caractérisent la société
Dans les années 1960, de profondes réformes dans la sociologie, science des phénomènes sociaux et des mécanismes qui président à leur déroulement, furent observées. En effet, autrefois focalisé sur des grands ensembles de la vie sociale, le sociologue vient alors à investir des domaines et des objets plus circonscrits. Ainsi naissent peu à peu des spécialités de recherche partiellement autonomes. La genèse de ces nouveaux « champs de recherche » est souvent due à une demande sociale forte et à l’apparition de nouvelles modes dans l’étude de la société. Parmi les nouvelles spécialités de la sociologie, la vie quotidienne devient objet d’analyse. La sociologie de la vie quotidienne, définie comme l’étude de la manière dont les individus vivent au jour le jour et s’associent, est née de nouveaux travaux aux Etats-Unis. En effet, les sociologues américains à l’instar de leurs compatriotes de l’Ecole de Chicago trente ans plus tôt, dans un souci empirique, explorent les modes sociaux concrets, comme ceux de l’atelier, du quartier, et surtout des modes de vie au quotidien. Une nouvelle école, fondée par Harold Garfinkel, et baptisée l’ethnométhodologie, se spécialise dans l’étude des comportements au quotidien. De fait, loin de s’avérer être une science focalisée sur les petites habitudes journalières totalement triviales, la sociologie de la vie quotidienne couvre de nombreux enjeux. Georg Simmel en souligne notamment un : décrypter la dimension psychologique cachée derrière les comportements les plus insignifiants de la vie de tous les jours. Comment, par une observation directe sur le terrain, le sociologue met-il en valeur l’importance des pratiques journalières dans la formation de l’individu et dans la constitution du tissu social ? En quoi la vie quotidienne est-elle alors révélatrice de la société, et des profondes inégalités qui la caractérisent ?
Ainsi, l’étude de la vie quotidienne par le sociologue devient un nouveau champ de recherche aux enjeux multiples ; en outre, différents facteurs de la vie quotidienne participent à la formation de l’individu et d’un ensemble social, et conduisent à une vision spécifique de la société ; dès lors, la vie quotidienne amène à une certaine homogénéisation de la société, qui révèle cependant de profondes inégalités.
[...] Pour ses études, le Ministère utilise un échantillon représentatif des Français de plus de quinze ans. Il exploite alors un questionnaire déjà proposé en et 1997. Celui-ci, toujours identique (excepté quelques adaptations liées aux évolutions techniques comme les téléphones portables ou l’équipement micro- informatique), permet alors des comparaisons dans le temps et souligne l’évolution des comportements journaliers. En second lieu, de nombreuses études concernant la vie quotidienne ont été réalisées par les universitaires et les chercheurs du CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique). [...]
[...] La double journée de la femme reste une réalité et certaines activités domestiques lui sont encore majoritairement destinées. En effet, alors que les femmes et les hommes travaillent durant la journée, une fois rentrés à la maison, leurs activités diffèrent. Même si les hommes s’impliquent davantage qu’il y a quelques années dans les tâches domestiques et vis-à-vis de leurs enfants, ce sont les femmes qui restent les maîtresses de maison Ainsi, l’ethnométhodologie, dans les années 1960, met la vie quotidienne au cœur de l’étude sociologique. [...]
[...] Par exemple, des caractéristiques de la vie quotidienne dans les quartiers les plus défavorisés semblent disparaître progressivement. En effet, dans les années 1970, l’entraide faisait partie du combat quotidien et permettait de faire face aux difficultés journalières. Désormais, seuls 25% des personnes interrogées dans ces quartiers défavorisés affirment aider un voisin ou un ami durant la semaine. Les sociologues de la vie quotidienne observent une montée du chacun pour soi renvoyant davantage aux valeurs de la classe moyenne dominante. . [...]
[...] Ainsi, de nombreux salariés perdent confiance en eux. Le second niveau est celui de l’homo oeconomicus qui mesure le degré de satisfaction du salarié et de rétribution en fonction du marché De nombreux salariés sont mécontents de la rémunération obtenue pour leur travail journalier. Enfin, l’homo sociologicus est le dernier niveau qui consacre le degré de satisfaction liée à la reconnaissance par les autres du travail effectué, qui constitue un facteur essentiel de motivation. Dans un contexte de concurrence accrue, les salariés sont sensibles aux réactions et au jugement de leurs collègues et de leurs supérieurs quant à leur travail quotidien ou à leurs compétences. [...]
[...] Il se forme en particulier dans le cadre d’activités diverses : institutions sportives, religieuses, culturelles, etc. Or, le chômage affecte considérablement la participation quotidienne à ces institutions et, de manière générale, à la vie collective. . mais les temps libres et la thématique homme/femme n’échappent pas non plus à ces inégalités Les modes de vie entre les groupes sociaux varient fortement. L’INSEE s’est notamment intéressée aux pratiques quotidiennes des différentes CSP (Catégories Socioprofessionnelles) et a ainsi mis en valeur les inégalités vécues au quotidien. [...]
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